Test terrain HIKMICRO Lynx LH19 2.0 : ce que vous devez savoir

Caméra thermique Lynx LH19 2.0 montée sur un téléobjectif, image d'ouverture du test terrain.
Lors du test terrain de la caméra thermique Lynx LH19 2.0 + A1 + Sony 400 mm f/2,8 GM OSS

Remarque :
Ce test est optimisé pour la lecture sur ordinateur portable ou fixe ; sur smartphone, sa longueur et le nombre de photos le rendent moins confortable.

En bref

  • Modèle : HIKMICRO Lynx LH19 2.0
  • Terrain : forêts, paysages, observations nocturnes
  • Usage : en déplacement et à l’affût
  • Objectif : repérer les animaux et les photographier de façon ciblée
  • Période de test : des mois d’hiver au printemps, dans des conditions variées
  • Observations marquantes : chevêchette d’Europe, épervier d’Europe, renard, vol d’étourneaux

Sommaire


Pourquoi une caméra thermique en photographie animalière ?

Il y a quelques mois, je me suis offert une caméra thermique. J’y pensais depuis un an déjà. Ce qui m’a décidé, c’est l’idée de mieux repérer les animaux – et d’élargir en même temps mon expérience de la faune sauvage.

En un mot : rendre visible ce qui reste caché.

Une fois la décision prise d’acheter ce matériel, il m’a d’abord fallu apprendre les bases de cette technique pour pouvoir choisir un modèle.

Ce sont finalement les performances de la HIKMICRO Lynx LH19 2.0, telles que je les ai trouvées au fil de mes recherches sur Internet, qui m’ont convaincu. Il s’agit d’une caméra thermique d’entrée de gamme. Je ne peux pas dire si elle fait mieux ou moins bien que les modèles concurrents, puisque je n’ai testé aucune autre caméra thermique. En revanche, je peux raconter en quoi cette technique m’aide – et où j’en vois les limites.

Les caméras thermiques sont surtout utilisées par les chasseurs. Les animaux qu’ils repèrent sont en général plus grands que des passereaux.

Le public visé par ces appareils – comme une grande partie de leur conception et de leurs fonctions – se situe clairement du côté de la chasse. Je ne savais donc pas, au départ, si une telle caméra valait vraiment le coup pour mon usage. Et comme je ne voulais pas y consacrer un budget trop important, je me demandais si un modèle d’entrée de gamme pouvait seulement faire l’affaire.


Le modèle testé en un coup d’œil : HIKMICRO Lynx LH19 2.0

Monoculaire thermique HIKMICRO Lynx LH19 sur trépied, photo produit.
La caméra thermique Lynx LH19 2.0 de Hikmicro

La caméra thermique Lynx LH19 2.0 est un modèle d’entrée de gamme de la marque HIKMICRO. D’après mes recherches, c’est surtout son rapport qualité-prix qui m’a convaincu.

Caractéristiques techniques (données du fabricant) – HIKMICRO LYNX LH19 2.0

  • Capteur : 384 × 288 px
  • Viseur (écran) : 1024 × 768 px
  • Fréquence d’image : 50 Hz
  • Focale : 19 mm (équivaut à un cadrage d’environ 150 mm en plein format)
  • NETD : < 20 mK
  • Ouverture : F1.0
  • Portée de détection : 900 m
  • Grossissement de base : 1,8× (équivaut à un cadrage d’environ 150 mm en plein format)
  • Zoom numérique : 1×, 2×, 4×, 8×
  • Modes de représentation thermique : White Hot, Black Hot, Fusion, Red Hot
  • Correction dioptrique : oui
  • Télémètre : oui
  • Prise de photo : oui
  • Enregistrement vidéo : oui
  • Wi-Fi / application : oui
  • Autonomie : 6,5 heures
  • Type de batterie : batterie Li-ion interne
  • Mémoire interne : 16 Go
  • Connectique : USB-C
  • Indice de protection : IP67
  • Poids : 282 g (sans batterie)
  • Dimensions : 172,5 × 56 × 60,8 mm

Vous trouverez plus de détails techniques dans mon premier article, « Caméras thermiques et photographie animalière ? ».


Conditions de test et méthode

Pour ce premier test terrain, je me suis déplacé dans des milieux naturels très différents – en forêt, en paysage ouvert, avec ou sans plans d’eau, de nuit comme de jour.

J’ai utilisé la caméra thermique de deux façons :

  • À main levée, en me déplaçant, comme le font habituellement les chasseurs.
  • Fixée au-dessus de mon boîtier et de son objectif, comme je l’avais imaginé au départ.

J’ai également testé sur le terrain la diffusion en direct de l’image thermique vers un téléphone et une tablette. Je voulais savoir si je pouvais rendre visibles des animaux dissimulés – et si cela me donnait un avantage en photographie animalière. Par exemple pour savoir quels animaux se trouvent devant moi pendant un affût, alors que je ne les vois pas à l’œil nu.

Mais aussi pour le repérage – c’est-à-dire l’analyse de milieux nouveaux, encore inconnus –, afin de mieux évaluer l’habitat et de préparer mes projets photo de façon plus précise.


Espèces observées

Ce compte rendu parle aussi bien des animaux que j’ai croisés par hasard que de ceux que j’ai pu photographier de façon ciblée après les avoir découverts. Il y a eu quelques surprises. J’ai observé de nombreux passereaux et mammifères – et l’un de mes grands moments a été la photographie ciblée d’une chevêchette d’Europe.

La chevêchette d’Europe en parade nuptiale

Chevêchette d'Europe posée sur une fine branche nue devant un arrière-plan clair et flou.

Un grand moment : l’observation d’un accouplement de chevêchettes d’Europe au petit matin. Sans caméra thermique : aucune chance.

Silhouette d'une chevêchette d'Europe entre des rameaux nus au crépuscule.
Dans la vidéo ci-dessus, le ralenti permettait de très bien suivre l’accouplement. L’appareil photo l’a lui aussi enregistré ; il faisait encore très sombre, et même à f/2,8 la lumière ne suffisait pas. Le temps de pose était de 1/20 s à f/2,8 et 400 mm – l’accouplement des chevêchettes figure bien sur l’image, mais il y est évidemment à peine reconnaissable.

Le réveil des étourneaux et les chasseurs cachés

Les étourneaux sansonnets dans la roselière ont été un formidable terrain d’essai pour la caméra thermique.
Un point intéressant : dans les roseaux, on ne distingue d’abord aucune signature thermique ; ce n’est qu’au moment où les oiseaux se préparent à l’envol et gagnent le haut des tiges qu’on peut les repérer.
Les roseaux masquent donc complètement la signature thermique.

Silhouettes d'étourneaux en vol devant un croissant de lune dans le ciel du soir.
Grand vol d'étourneaux en flou de mouvement au-dessus d'une roselière dorée.
Vol d'étourneaux dans l'ambiance bleue du crépuscule au-dessus d'une roselière floue.
Vol d'étourneaux dense en flou de mouvement au-dessus d'une roselière automnale.




Le fantôme de la forêt, démasqué

Image thermique en mode White Hot montrant des branches nues ; au centre se détache la signature thermique claire d'un oiseau.
Image thermique en White Hot : l’épervier apparaît en clair sur une grosse branche. Affichage au grossissement 1,8×, la vue de base de la Lynx.
Image thermique d'un épervier d'Europe, tache claire sur une branche, affichage White Hot.
Image thermique en White Hot, l’épervier au zoom numérique 3,6×.

C’est par un beau matin ensoleillé, pendant un repérage, que j’ai pu découvrir un couple d’éperviers d’Europe en train de prendre le soleil et de construire son nid.
Jusque-là, je n’avais croisé cet oiseau farouche que deux fois : une première fois, quand un balbuzard pêcheur a attaqué ce « fantôme de la forêt » qui s’était trop approché de son aire. Et une seconde fois au loin, alors qu’il était posé dans un arbre et que je l’avais repéré, là aussi, à la caméra thermique.
Cette fois, j’ai eu un peu de chance : en fouillant méthodiquement les environs à la caméra thermique, j’ai pu localiser ces oiseaux dissimulés à très courte distance.

Épervier d'Europe, tête tournée de côté, sur une branche moussue dans une lumière rasante et chaude.
Épervier d'Europe à l'atterrissage, ailes déployées et serres tendues vers un rameau.
Épervier d'Europe de profil entre des rameaux de conifères sombres, serres jaunes bien visibles.
Épervier d'Europe ailes levées devant un ciel bleu, poitrine rousse à contre-jour.




À pas feutrés

Pendant un affût en forêt, alors que j’attendais la chevêchette, un renard a longé le chemin et traversé ainsi mon champ de vision.
Sur l’image thermique (première photo – repère vert), on le devinait, mais à cette distance il était impossible de dire avec certitude s’il s’agissait d’un renard ou d’un autre mammifère.

Image thermique d'un renard roux (Vulpes vulpes) en point clair sur un chemin forestier, signalé en vert
Vue thermique en mode Fusion : le renard apparaît comme un point clair sur un chemin forestier, signalé par un repère vert
Renard roux (Vulpes vulpes) traversant au crépuscule un chemin forestier clair entre des pins sombres
Le renard repéré à l’image thermique, photographié au Sony A1 + 400 mm f/2,8

Usage pratique sur le terrain

Comme je l’ai dit, j’ai d’abord utilisé la caméra thermique en me déplaçant. Mon vrai but était pourtant de la combiner avec mon matériel photo, afin de a) tirer pleinement parti des deux appareils en même temps et b) avoir, une fois le sujet repéré à la caméra thermique, mon matériel photo déjà pointé dessus et prêt à déclencher.

Autre avantage : je voulais garder les deux mains libres pour réagir vite. La caméra thermique dispose d’une fixation pour trépied – un filetage comme on en connaît sur les appareils photo. J’ai utilisé cette possibilité, et c’est ainsi que m’est venue l’idée d’associer mon boîtier et la caméra thermique.

Une solution tout-en-un, car en animalier, plus de matériel veut aussi dire plus de contraintes – à l’installation comme à la manipulation. C’est surtout vrai la nuit, sans parler du poids supplémentaire à porter. J’ai donc cherché une solution pratique pour réunir le tout dans un seul ensemble. J’ai commencé par utiliser le matériel que j’avais déjà. Cela m’a rapproché d’une solution partielle, mais il m’a fallu acheter quelques pièces pour arriver au bout.

Le résultat de mon montage :

Boîtier avec téléobjectif et caméra thermique montée dessus devant une forêt automnale.
Sony A1 + Sony 400 mm f/2,8 + Lynx LH19 2.0 sur support pour griffe flash
Téléobjectif camouflage avec boîtier Sony et caméra thermique montée dessus dans les feuilles d'automne.

Prise en main et ergonomie

Mobilité et poids

Caméra thermique Lynx LH19 2.0 tenue dans une main devant une haie verte.
Utilisable d’une seule main : la caméra thermique Lynx LH19 2.0 et sa construction compacte

La caméra thermique est relativement compacte (172,5 × 56 × 60,8 mm) et pèse environ 300 g. Au besoin, elle tient même dans une poche de veste. Pour ma part, je la trouve maniable et simple à utiliser.

Toutes les fonctions importantes – navigation dans les menus, zoom, prise de photo et de vidéo, passage d’un mode thermique à l’autre – se commandent sans peine d’une seule main. C’est une appréciation personnelle : j’ai de grandes mains, la caméra tient donc bien dans la mienne et toutes les commandes sont faciles à atteindre.
Si vous avez un doute là-dessus, achetez plutôt un appareil de ce type chez un revendeur près de chez vous qu’en ligne. Vous jugerez mieux si l’ergonomie vous convient vraiment.

Affichage et lisibilité dans le viseur

Le viseur offre une bonne définition (1024 × 768 px), ce qui permet de distinguer les objets plus ou moins nettement selon la distance. Il faut savoir que le viseur est mieux défini que le capteur de la caméra thermique (384 × 288 px). Autrement dit, les vidéos et les photos enregistrées ne rendent pas aussi bien sur un écran d’ordinateur que dans le souvenir qu’on en garde du viseur.
L’affichage et la navigation des menus sont eux aussi clairs et bien conçus, presque intuitifs. Quelques icônes ne se comprennent pas du premier coup d’œil, mais on les retrouve dans le manuel.

Autonomie et consommation

Le fabricant annonce 6,5 heures d’autonomie – et d’après mon expérience, cela correspond bien à la réalité.
La durée réelle dépend toutefois beaucoup de l’usage :

  • En usage mobile – quand on se déplace et qu’on ne balaie les environs que de temps en temps –, la batterie tient au moins 6 heures.
  • En diffusion en direct continue, l’autonomie tombe à 3 à 4 heures environ.
Diffusion en direct de l'image thermique sur une tablette sous un filet de camouflage, en conditions réelles.
Diffusion en direct sans fil sur tablette (le câble est relié à une batterie nomade)

J’ai mené un test particulièrement instructif par un matin d’hiver à -5 °C : je suis resté plusieurs heures à l’affût dehors, la caméra thermique allumée en permanence. Malgré le froid, la batterie a tenu près de 4 heures et n’était pas complètement vide à la fin. Elle aurait peut-être encore duré 30 minutes – mais ce n’est qu’une supposition. Les chiffres du fabricant ne me paraissent pas exagérés ; ils rejoignent ce que j’ai constaté.

Caméra thermique HIKMICRO Lynx LH19 2.0 avec compartiment à batterie ouvert et batterie Li-ion amovible devant des feuilles vertes.
Caméra thermique Hikmicro LH19 2.0, compartiment ouvert et batterie en place

Le changement de batterie est lui aussi simple : le compartiment latéral est bien placé. Petit bémol tout de même, le couvercle du compartiment se referme un peu difficilement – j’y vois un défaut, mais rien de rédhibitoire. Deux batteries sont fournies, ce qui permettrait de faire fonctionner la caméra de 8 à 12 heures d’affilée, selon l’usage et la température extérieure.

Pour une promenade quotidienne d’une heure, une charge complète suffit pendant de nombreux jours sans avoir à penser à recharger.


Qualité d’image et performances

Portée de détection et précision

Comme je l’ai dit, les caméras thermiques servent surtout à la chasse et leur conception va dans ce sens. Le cadrage se situe donc plutôt du côté du téléobjectif – idéal pour observer et identifier des mammifères à moyenne et grande distance. Comme je l’utilise en photographie animalière, j’ai délibérément choisi un modèle plus « grand-angle ». Cela ne veut pas dire que j’ai une vue grand-angle pour autant. Comme je l’ai déjà décrit, ce modèle me donne un cadrage comparable à celui d’un 150 mm sur un appareil plein format.

Ce que donne la pratique

Sur le terrain, j’aurais toutefois aimé une focale encore un peu plus large – surtout quand on veut embrasser tout un rayon d’une dizaine de mètres autour de soi. Malheureusement, dans cette gamme de prix et de performances, il n’existe pas de modèle offrant un champ de vision plus large sans devoir accepter de compromis (mise au point absente, fonctions réduites). C’était la situation au moment où je cherchais une caméra thermique ; cela changera peut-être.

Pour mon usage, la HIKMICRO Lynx LH19 2.0 convient néanmoins bien, en particulier dans la zone médiane, autour de 200 m. Cela ne signifie pas qu’on ne distingue plus du tout les animaux plus éloignés – mais l’appareil est clairement fait pour les distances moyennes. Le fabricant annonce pour la Lynx LH19 une portée de détection de 900 m. Je peux le confirmer, en sachant qu’à cette distance il devient déjà difficile d’identifier l’espèce.

Utilisation à courte et à longue distance

Infographie de la portée de détection d'une caméra thermique avec silhouettes de héron et de cerf, échelle de 0 à 900 m
Le graphique montre le champ couvert par la Lynx 19 2.0

Distance minimale de mise au point (environ 2 m)

De près, il faut travailler activement avec la caméra et fouiller le premier plan de façon ciblée – de préférence par quadrants, donc méthodiquement dans plusieurs directions. La distance minimale de mise au point de l’appareil est d’environ 2 m.

À plus longue distance

À moyenne et grande distance, on repère les mouvements des petits et moyens animaux, mais il peut être plus difficile de les rattacher à une espèce précise. On distingue bien s’il s’agit d’un passereau ou d’un mammifère – mais pas duquel exactement. Pour les mammifères, c’est un peu plus facile, car ils sont généralement plus grands. Malgré tout, il reste difficile de savoir de loin si c’est un renard ou des chevreuils qui traversent le chemin forestier. C’est d’ailleurs ce que décrit le fabricant lui-même – la caméra tient donc ses promesses.

Lecture de l’image thermique et entraînement de l’œil

Il y a un point que j’ai dû apprendre : interpréter l’image thermique. L’œil a besoin d’un peu d’entraînement pour comprendre comment les sources de chaleur sont représentées – et quelles différences existent entre les modes d’affichage.

Un exemple :

Les passereaux sont difficiles à repérer, à cause de leur petite taille – surtout quand d’autres sources de chaleur, la végétation par exemple, les « recouvrent » visuellement. Avec le temps, j’ai toutefois trouvé deux modes particulièrement utiles :

  • Fusion
  • Black Hot

Ce sont ces modes qui me permettent de mieux distinguer les petits animaux, parce qu’ils se détachent nettement de leur environnement.
Dans la dernière galerie, qui présente les différents modes, on peut avoir l’impression que le mode « Red Hot » est le meilleur. C’est peut-être vrai pour de grands objets, mais les petits oiseaux, à distance, ne rayonnent pas assez de chaleur pour apparaître en aplat rouge.

Dans la galerie qui suit, je montre les quatre modes thermiques de la caméra. La scène est toujours la même d’un mode à l’autre. On y voit une personne debout sur un chemin forestier ; c’est elle qui constitue le point le plus chaud de l’image.

Affichage de la caméra thermique en mode Fusion, silhouette humaine orange en forêt.
Affichage de la caméra thermique en mode White Hot, silhouette humaine claire en forêt.
Affichage de la caméra thermique en mode Black Hot, silhouette humaine sombre en forêt.
Affichage de la caméra thermique en mode Red Hot, silhouette humaine teintée de rouge en forêt.




Définition et niveau de détail

La définition et le niveau de détail d’une caméra thermique ne se comparent pas à ceux d’un appareil photo classique. La qualité d’image reste faible en comparaison, si bien que la caméra ne convient pas directement à des photos ou des vidéos de qualité. Qui veut enregistrer des images thermiques bien définies doit se tourner vers un modèle haut de gamme.

Au départ, je n’avais pas du tout prévu de faire des photos ou des vidéos avec cette caméra : elle devait rester un simple outil d’observation. Après plusieurs semaines d’utilisation, je dois pourtant reconnaître que l’idée d’utiliser sciemment des images thermiques a de quoi séduire. Elle ouvre un regard entièrement neuf sur la nature et permet des images fascinantes, avec une esthétique bien à elles.

Pour cet usage, la HIKMICRO LYNX LH19 2.0 ne convient toutefois qu’en partie, car sa définition est trop faible. L’image du viseur est nettement mieux définie que les fichiers enregistrés. La raison : le viseur a une définition plus élevée, tandis que les prises de vue sont enregistrées dans la définition plus basse du capteur.

  • Capteur : 384 × 288
  • Viseur (écran) : 1024 × 768 px

Sur le terrain, cela reste pour moi secondaire – même si, en dépouillant les images sur l’ordinateur, j’aimerais bien une définition plus élevée.

Performances selon la température

Je ne peux pas encore donner d’avis complet sur ce point, car j’ai surtout testé la caméra par températures basses.

Points forts et limites

Les atouts particuliers en photographie animalière

Je ne peux pas encore tirer de bilan complet – je me suis fixé une durée d’au moins 12 mois pour me faire un avis solide dans des conditions variées (terrains, saisons, etc.).

Ce que je peux déjà dire : ma décision d’acheter une caméra thermique s’est pleinement confirmée. L’envie de partir encore plus tôt sur le terrain s’en est même trouvée renforcée – parce que je peux maintenant observer des choses qui m’échappaient totalement auparavant.

Lors de mes sorties, j’ai pu assister à des scènes que je n’aurais pas imaginées ainsi.

Un exemple concret : pendant l’affût que j’avais installé pour photographier la chevêchette, la caméra thermique m’a énormément aidé, aussi bien au repérage que plus tard à la prise de vue. Sans elle, je n’aurais fait ni les images ni observé l’accouplement des oiseaux. C’était vraiment un moment particulier.

Faiblesses possibles et points délicats

J’ai constaté jusqu’ici que l’usage mobile – marcher avec la caméra – n’aide que dans une certaine mesure. Un usage ciblé, par exemple pour inspecter des cavités d’arbres en forêt, fonctionne en revanche bien. Mais la vraie force de cet outil est pour moi clairement à l’affût, pour analyser les environs avec une « vision élargie ». Comme le décor ne change pas pendant un affût, la caméra thermique aide à repérer plus vite les changements dans un cadre constant et à mieux les interpréter.

Les limites du champ de vision

Cela tient d’abord à la focale, donc au cadrage. L’idéal serait pour moi une optique à champ variable – du très grand-angle jusqu’au cadrage actuel de la HIKMICRO LYNX LH19 2.0. Celui-ci correspond à peu près à une focale de 150 mm sur un appareil plein format. Le zoom numérique offre certes un grossissement jusqu’à 8×, mais la définition en souffre fortement et le résultat n’est pas vraiment exploitable pour ce que j’en fais.

La détection des oiseaux et des petits animaux

Capture d'écran de la caméra thermique en mode White Hot, passereau signalé en rouge en forêt.
Image thermique en White Hot : un petit passereau posé sur un buisson en forêt, signalé en rouge
  • À distance, les petits oiseaux se repèrent bien lorsqu’ils bougent – selon le milieu et les sources de chaleur comme les troncs –, mais dès qu’ils restent immobiles, ils se fondent souvent dans leur environnement.
  • Les espèces plus grandes (à partir de la taille d’un merle noir) se distinguent en revanche bien.
  • À l’affût, il est difficile de localiser de près un passereau immobile, car l’œil est vite dépassé quand il balaie la scène avec un cadrage télé.

Meilleurs usages et matériel complémentaire

Au vu de ce que j’ai vécu jusqu’ici, j’en tire le bilan suivant :

Les points forts de la caméra thermique à l’affût

À l’affût, quand la caméra est pointée sur un secteur donné, on repère vite un mouvement ou un changement. C’est pourquoi je vois les points forts de la caméra thermique là où elle couvre un champ fixe.

Les limites en déplacement

En déplacement, repérer des animaux jusqu’à la taille d’un passereau ne pose certes pas de problème, mais la question est de savoir ce qu’on en attend. Une simple observation ? Aucun souci.

Trouver des cavités d’arbres dont la température indique qu’un oiseau les occupe ? Très bien.

Pour ma part, l’usage en déplacement est cependant plus fatigant à la longue, car le décor change sans arrêt – et avec lui les structures thermiques, ce qui fatigue l’œil plus vite. La caméra donne une image stable, même tenue à la main.

La combinaison avec la photographie

Qui veut non seulement observer mais aussi photographier de façon ciblée doit réfléchir à la façon de manier les deux appareils en parallèle. Toute personne qui a déjà photographié le sait : on ne peut faire qu’une chose à la fois avec concentration si l’on veut de bons résultats. C’est pourquoi j’ai associé la caméra thermique à mon matériel photo.

Je peux ainsi pointer sans effort la caméra thermique et le boîtier sur le même point. La manipulation en devient plus simple – sans avoir à prendre en main les deux appareils séparément à chaque fois.

J’utilise pour cela la caméra thermique comme une lunette de visée – un peu comme le chercheur d’un télescope : quand je regarde dans la caméra thermique et que je l’oriente, mon objectif photo suit le même mouvement. Une fois le sujet repéré, je peux donc passer directement au viseur du boîtier, sans perdre de temps ni chercher longuement le sujet. Je laisse le plus souvent la caméra thermique en enregistrement vidéo, de sorte qu’elle documente toute l’observation en continu.

Différences selon les saisons

Il me reste un point à tester entièrement : les différences entre les saisons. La question ouverte est de savoir s’il existe des particularités ou des limites dans la détection ou dans l’autonomie de la batterie – comme évoqué plus haut, notamment en fonction des écarts de température.

L’hiver, la meilleure saison ?

Je suppose que l’hiver donne les meilleurs résultats, car :

  • le milieu est globalement plus froid
  • et les signatures thermiques des animaux et des objets y sont donc plus nettes

L’été, un défi ?

En été, les conditions pourraient se dégrader :

  • Des températures de l’air et du milieu plus élevées font peut-être que les objets se détachent moins les uns des autres
  • Des nuits plus douces pourraient elles aussi réduire le contraste entre le milieu et les animaux

Mais cela, je le découvrirai pendant les mois d’été.

L’usage de jour

De jour, j’ai pu bien utiliser la caméra surtout dans les zones forestières ombragées. Interpréter correctement les écarts de température demande toutefois de l’entraînement – en particulier sur les surfaces en eau.

L’usage de jour n’a pas de sens partout :

Un exemple : dans une carrière, je guettais des grands-ducs d’Europe. À l’œil nu, ces oiseaux y sont difficiles à repérer – leur camouflage en fait un vrai défi. Avec la caméra thermique, un problème est cependant apparu : la paroi rocheuse emmagasinait elle-même la chaleur et la rayonnait, si bien qu’aucune séparation nette avec l’animal n’était possible. Cela ne veut pas dire qu’un tel milieu interdit tout usage – mais d’après mon expérience, une carrière n’offre pas les meilleures conditions pour cette technique.

Bilan et recommandation

Cet achat vaut-il la peine pour un photographe animalier ?

Pour ma part, je peux le dire à ce stade : cet investissement était le bon choix. Il me manque toutefois du recul pour porter un jugement définitif sur les forces et les faiblesses en usage prolongé. Au-delà de la seule observation, la caméra thermique m’a offert une expérience de la nature supplémentaire et fascinante. Sans vouloir exagérer : elle m’accompagne aujourd’hui à chacune de mes sorties.

Usages adaptés et public concerné

Si vous envisagez d’acheter une caméra thermique, posez-vous la même question que pour l’achat d’un appareil photo : « qu’est-ce que je veux exactement en faire ? »

L’appareil peut être une bonne solution quand il s’agit d’observer et de repérer – avec des limites, selon le modèle.

À qui s’adresse une caméra thermique ?

Pour l’observateur de nature en général :

  • Un bon moyen de repérer des animaux difficiles à voir à l’œil nu.

Pour le photographe animalier à l’affût :

  • Particulièrement utile depuis un poste fixe, pour surveiller en continu un secteur donné
  • Pleinement exploitable dans un ensemble qui associe le boîtier et la caméra thermique (sur trépied, par exemple)

Pour les birders (observateurs d’oiseaux) :

  • Les modèles d’entrée de gamme ne sont sans doute pas idéaux, car ils montrent souvent trop peu de détails pour déterminer une espèce
  • Des caméras thermiques plus haut de gamme, au rendu plus détaillé, pourraient intéresser davantage les observateurs d’oiseaux et les ornithologues

Pour l’usage en déplacement (approche, randonnée) :

  • Possible, mais peu pratique selon la façon de travailler
  • Manier de front la caméra thermique et le boîtier peut vite devenir brouillon et peu commode

Pour moi, la plus grande force de cette caméra est à l’affût ou depuis un poste fixe, pour balayer et surveiller les environs de façon ciblée. Associée à ma configuration photo, elle me permet de garder toute mon attention sur la prise de vue.


Ce que j’imaginais et ce que j’ai trouvé

Je m’imaginais parcourir le paysage avec la caméra thermique, regarder à travers et voir aussitôt où les animaux se cachent. Dans la réalité, ce n’est pas si simple. Beaucoup dépend bien sûr de la qualité de la caméra – les appareils haut de gamme donnent sans doute des résultats plus rapides et meilleurs qu’un modèle d’entrée de gamme. J’ai malgré tout obtenu mes meilleurs résultats à l’affût, là où je percevais mieux les changements dans les environs.

Les alternatives

Qui veut repérer et observer uniquement avec une caméra thermique risque d’être déçu. Elle est un complément – pas un remplacement des autres instruments.

Alternatives ou compléments utiles :

Jumelles ou longue-vue

  • Si vous voulez non seulement repérer les animaux mais aussi les déterminer, il vous faut en plus des jumelles, une longue-vue ou un boîtier avec téléobjectif.
  • Pour l’observation de jour surtout, de bonnes jumelles sont souvent un meilleur investissement qu’une caméra thermique.

Des jumelles lumineuses pour le crépuscule :

  • Particulièrement utiles par faible lumière, pour repérer les animaux de façon fiable même sans caméra thermique.
  • Offrent un rendu plus détaillé que les caméras thermiques d’entrée de gamme.

La caméra thermique en appareil d’appoint :

  • Idéale la nuit, quand les instruments optiques atteignent leurs limites.
  • Complément parfait pour le photographe qui veut analyser les animaux et le terrain avant la prise de vue elle-même.

FAQ Questions fréquentes sur les caméras thermiques en photographie animalière

1. Une caméra thermique convient-elle à un débutant en photographie animalière ?

Oui et non – à condition de s’en servir en complément, pour repérer. Quand on débute en photographie animalière, mieux vaut cependant se concentrer d’abord sur la photographie elle-même.

2. Peut-on faire de belles photos avec une caméra thermique ?

Seulement dans une certaine mesure. La définition ne suffit généralement pas à une bonne qualité photo ou vidéo – cela dépend toutefois du modèle.

3. La caméra est-elle utile en plein jour ?

Dans les zones ombragées en forêt, l’usage reste acceptable – en plein soleil de midi ou dans un milieu chaud en général, cela devient en revanche plutôt délicat.

4. Qu’apporte l’association de la caméra thermique et du matériel photo en photographie animalière ?

Utiliser les deux techniques permet d’aller plus loin dans le repérage et de trouver des animaux alors que la lumière est déjà très faible. L’expérience de la nature peut elle aussi y gagner en intensité.

5. Quels animaux distingue-t-on bien avec la HIKMICRO LYNX LH19 2.0 ?

Cela dépend de la distance. La LYNX LH19 2.0 donne le meilleur d’elle-même à distance moyenne, autour de 250 m. La portée maximale de détection est de 900 m. Les mammifères à partir de la taille d’un renard y restent identifiables. Pour les passereaux, cela devient délicat – d’autant plus qu’ils sont éloignés. Les oiseaux en vol, passereau comme aigle, se repèrent bien.

6. La HIKMICRO LYNX LH19 2.0 est-elle une caméra thermique d’entrée de gamme ?

Oui – ce qui ne veut pas dire qu’elle donne de mauvais résultats. Qui n’attend pas de la LYNX LH19 2.0 des images ou des vidéos très définies obtient un outil solide pour observer et repérer les animaux sauvages. Si vous voulez davantage de performances, regardez du côté des appareils haut de gamme.