Le Martin-pêcheur d’Europe : la fusée bleue du monde des oiseaux

Collage : lumière du matin sur un étang, selfie d'un photographe en affût camouflé et martin-pêcheur (Alcedo atthis) en piqué devant l'herbe verte.
Expériences de photographie du Martin-pêcheur d’Europe

Sommaire

1. Août – Le mois idéal pour photographier le Martin-pêcheur d’Europe
2. Données clés sur le Martin-pêcheur d’Europe
3. Deux photographes, un même objectif : le Martin-pêcheur d’Europe dans le viseur
4. Mon setup pour la photographie du Martin-pêcheur d’Europe
5. La chasse du premier Martin-pêcheur d’Europe
6. Les défis de la photographie du Martin-pêcheur d’Europe
7. Mon objectif : réaliser une image en stacking du vol en piqué du Martin-pêcheur d’Europe
8. Conclusion : patience et passion mènent au succès


Août – Le mois idéal pour photographier le Martin-pêcheur d’Europe

Martin-pêcheur d'Europe mâle (Alcedo atthis) dans un rai de lumière sur une souche éclatée, fond vert sombre, photo à 400 mm
Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) : Sony A1 + 400 mm f/2.8 – 1/4000 – ISO 500

Août est la période parfaite pour photographier le Martin-pêcheur d’Europe, car c’est à ce moment que la période de reproduction atteint son apogée. Les jeunes martins-pêcheurs, issus de plusieurs couvées, restent encore actifs un certain temps dans le territoire de leurs parents. Cette densité accrue de martins-pêcheurs offre aux photographes une excellente occasion, d’autant que les jeunes sont aussi moins farouches – idéal pour saisir en photo ces oiseaux vifs aux reflets bleus chatoyants.

La clé de photos réussies réside dans la patience et le choix du bon endroit. Une fois le lieu idéal trouvé, observer les martins-pêcheurs devient une expérience passionnante. Les oiseaux volent avec une grande précision, rapides comme une fusée, au ras de la surface de l’eau, d’un perchoir à l’autre. Aux premières heures du matin surtout, quand la lumière est douce et que la nature s’éveille, les conditions sont optimales pour des images pleines d’atmosphère.

Données clés sur le Martin-pêcheur d’Europe

Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) en vol vu de dos, ailes en éventail, bande dorsale bleu lumineux, fond sombre
Martin-pêcheur d’Europe – Vol gracieux vers un perchoir pour la chasse : Sony A1 + 400 mm f/2.8 + TC1.4x – 560 mm – f/5 – 1/3200 – ISO 1600

Répartition : Europe, Asie, Afrique du Nord
Le [Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis)](/de/voegel/eisvogel) est présent dans une grande partie de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique du Nord.
Habitat : eaux claires et poissonneuses
Il préfère les rivières, lacs et étangs clairs, riches en poissons. On peut aussi le trouver dans les régions côtières ou sur des eaux artificielles comme les canaux, à condition qu’il y ait suffisamment de nourriture et de sites de nidification.
Apparence : reflets bleu-orange, environ 16 cm
Le Martin-pêcheur d’Europe est connu pour son dessus bleu éclatant et son dessous orange.
Techniques de vol et de chasse : le Martin-pêcheur d’Europe est un maître du vol en piqué et capture ses proies, le plus souvent de petits poissons, par un plongeon fulgurant dans l’eau.
Nourriture : petits poissons, insectes et têtards
Sa nourriture principale, ce sont de petits poissons qu’il capture dans l’eau, mais insectes et têtards font aussi partie de ses proies.

Deux photographes, un même objectif : le Martin-pêcheur d’Europe dans le viseur

Les belles expériences, on aime les partager avec des amis – et c’est aussi vrai pour moi en photographie de nature. Avec un ami photographe de longue date, Richard ([Insta : @bergsteiger_1911](/de/voegel/eisvogel)), j’ai déjà vécu quelques aventures en photographie animalière. Cette fois-ci, nous nous étions fixé le Martin-pêcheur d’Europe comme objectif commun.

Markus et un confrère photographe animalier en camouflage sur une passerelle en zone humide.
Sur le ponton en bois, nous avions une bonne position ; il ne manquait plus que le martin-pêcheur. À gauche Richard de @bergsteiger_1911 , à droite Markus de Wildenatur.com

Notre aventure a commencé au crépuscule, avant même le lever du soleil. Notre objectif était de profiter de la lumière douce du matin pour créer une ambiance particulière dans les images. Les martins-pêcheurs sont particulièrement actifs à cette heure. Il est en outre nécessaire de prendre position tôt, d’installer le camouflage et le matériel. Ces préparatifs peuvent causer de l’agitation, même quand on essaie d’être discret. C’est pourquoi il est judicieux d’être déjà sur le lieu de prise de vue à l’aube, afin de ne pas trop se faire remarquer dans le monde animal.

Notre spot était un petit ponton en bois au-dessus d’un étang, dissimulé à l’aide de filets de camouflage et de vêtements sobres. Notre expérience nous avait appris que, mieux nous étions camouflés, plus grandes étaient les chances que les martins-pêcheurs s’approchent. C’est pourquoi nous nous sommes en plus allongés au sol, pour nous faire aussi petits que possible et atténuer davantage notre silhouette humaine.

Mon setup pour la photographie du Martin-pêcheur d’Europe

Collage making-of de la photo du martin-pêcheur avec filet de camouflage et photographe
Setup pour la photographie du Martin-pêcheur d’Europe : appareil, trépied bas, filet de camouflage, genouillères et tenue de camouflage

Pour cette aventure photographique, j’ai utilisé un équipement polyvalent qui m’a aidé à saisir le Martin-pêcheur d’Europe dans tous ses mouvements – du perchoir tranquille au rapide vol en piqué. Chaque élément de mon setup avait à cet égard une fonction précise :

Filets de camouflage : ils empêchaient les reflets gênants des vêtements, du matériel ou de la peau et aidaient à rester en grande partie invisibles.
Pinces : avec de petites pinces (sur le principe de la pince à linge), je pouvais fixer les filets de camouflage de façon souple et rapide, si bien qu’ils restaient bien en place.
Trépied bas : le trépied bas était essentiel pour éviter les mouvements brusques avec l’appareil. Lors des longs affûts, où l’on attend des heures le bon moment, il fait qu’on n’a pas à tenir l’appareil en permanence et qu’on peut réagir avec calme et précision quand le martin-pêcheur entre en action. La combinaison appareil et téléobjectif est lourde et peu maniable, ce qui rend souvent chaque mouvement sans trépied assez maladroit.
Genouillères : sur le ponton en bois dur, des genouillères rembourrées (comme celles qu’utilisent aussi les carreleurs) apportaient plus de confort. Elles me permettaient de me concentrer sur la photographie sans être distrait par des douleurs en me déplaçant d’avant en arrière sur le sol dur.
Tapis isolant de la Bundeswehr : ce tapis me protégeait de l’humidité montante et offrait un peu de confort, puisque nous étions allongés sur un ponton au-dessus de l’étang. Par sa compacité, il convient bien à ce genre de projets.
Sony A1 et Sony a6700 : le Sony A1 était mon appareil principal pour la photographie, tandis que j’utilisais le [Sony a6700](/de/equipment/sony-a6700-wildlife-test) principalement pour les prises de vue vidéo. J’ai en plus testé ce qu’il peut donner dans ce type de photographie.
[Sony 400 mm f/2.8 GM](/de/equipment/sony-400mm-f28-langzeittest), Sony 200–600 mm G et Sony 100–400 mm GM : le Sony 400 mm f/2.8 GM était mon objectif de prédilection pour les mouvements rapides et les conditions de lumière plus faibles. Le Sony 200–600 mm G et le Sony 100–400 mm GM, je les utilisais pour les vidéos et les prises de vue avec le a6700.
Téléconvertisseurs Sony 1.4x & 2x : les téléconvertisseurs, je les utilisais en combinaison avec le 400 mm f/2.8, pour allonger la focale au besoin. J’obtenais ainsi une flexibilité supplémentaire dans la composition de l’image.

Ce setup m’a permis de réagir avec souplesse à différentes situations et à différents défis, sans provoquer de mouvements brusques susceptibles d’effrayer les martins-pêcheurs. Le trépied bas surtout fut d’une valeur inestimable : il stabilisait l’appareil pendant que j’attendais des heures le moment parfait, et permettait ainsi des prises de vue précises, même lorsque des vitesses d’obturation rapides ne nécessitaient en soi aucune stabilisation.

La chasse du premier Martin-pêcheur d’Europe

Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) sur une branche morte avec toile d'araignée dans la fourche, roseaux verts en fond
Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) au petit matin sur son perchoir : Sony A1 + 400 mm f/2.8 – 1/2000 – ISO 6400

L’heure bleue touchait à sa fin lorsque nous avons entendu le premier martin-pêcheur – avant même de le voir. Il s’annonçait par un cri intense et reconnaissable entre tous. Peu après, nous l’avons repéré sur un arbre mort au bord de l’étang, où il attendait d’attraper son premier poisson de la journée. Ces instants sont toujours fascinants : l’oiseau se tient tranquille, scrute la surface de l’eau avec concentration, puis – hop – plonge dans l’eau à la vitesse de l’éclair. Une fraction de seconde plus tard seulement, il en ressort. Ce matin-là, sa première tentative de chasse resta toutefois infructueuse.

Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) en piqué vertical, bec vers le bas, devant un fond flou de roseaux
Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) en vol en piqué : Sony A1 + 400 mm f/2.8 – 1/2000 – ISO 6400

C’était un jeune Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) qui, ce matin-là, s’aventura le premier devant notre appareil. On reconnaît les jeunes à leurs pattes sombres, qui ne prennent l’orange éclatant qu’à l’âge adulte. La pointe avant du bec est aussi encore claire, un peu blanche, chez les jeunes.

Ce jeune martin-pêcheur nous a offert de nombreuses occasions de le photographier sous différents angles et perspectives – un sujet parfait pour une série de prises de vue.

Ce qui était fascinant, c’est la rapidité avec laquelle tout se passait. Il fallait rester constamment très concentré et tenter de garder les oiseaux à l’œil au-dessus de l’étang. Parfois, deux jeunes martins-pêcheurs se poursuivaient dans des manœuvres de vol effrénées au-dessus de l’eau, se faufilant habilement entre les bois morts émergeant de l’eau. Et soudain – vlan – ils passaient juste sous nous, devant nos objectifs.

Les défis de la photographie du Martin-pêcheur d’Europe

Martin-pêcheur (Alcedo atthis) s'élevant de l'eau éclaboussante, ailes déployées

La nature ne suit pas nos plans, et en tant que photographes de nature, nous devons souvent nous accommoder de conditions imprévisibles. Parfois la lumière est défavorable, l’arrière-plan est trop proche du sujet, l’oiseau ne se pose pas là où nous le souhaitons – ou ne se montre tout simplement pas.

À notre spot de l’étang aussi, nous étions confrontés à ces défis typiques. La position sur le ponton était bonne, nous avions le soleil dans le dos. Pourtant, juste après le lever du soleil, nous n’avions pas la lumière dans la zone où nous voulions photographier le martin-pêcheur. Et quand la lumière est arrivée dans le coin vers lequel nos objectifs étaient orientés, il n’y a eu qu’un court laps de temps avec une lumière douce. C’est précisément à ce moment-là que le martin-pêcheur devait alors être présent, lui aussi.

Mais ce sont justement ces défis qui rendent la photographie de nature si passionnante. Avoir la patience d’attendre parfois des heures le moment parfait, voilà la clé du succès.

Mon objectif : réaliser une image en stacking du vol en piqué du Martin-pêcheur d’Europe

Six phases de vol superposées d'un martin-pêcheur plongeant dans l'eau.
Image en stacking d’un Martin-pêcheur d’Europe lors de sa chasse en vol en piqué : Sony A1 + 400 mm GM f/2.8 – 1/3200 – ISO 500

Mon objectif, lors de cette session photo, était de figer le vol en piqué du martin-pêcheur dans l’eau et d’assembler ensuite les prises de vue en une seule image (stacking). L’instant où l’oiseau file dans l’eau comme une fusée bleue n’est pas si facile à photographier, car il se produit en une fraction de seconde. Le timing doit être juste, les réglages de l’appareil bien en place, et la lumière doit convenir, elle aussi, pour atteindre des vitesses d’obturation rapides à basse sensibilité ISO.

Au cours de cette session, j’ai réussi à réaliser quelques prises de vue du vol en piqué – et même une série où j’ai pu saisir l’intégralité du plongeon et l’assembler ensuite en une seule image. De ce point de vue, ce fut une réussite. Malheureusement, la lumière était trop dure et l’arrière-plan trop proche de l’oiseau, ce qui rendait l’image confuse et empêchait le martin-pêcheur de se détacher aussi nettement que je l’aurais souhaité.

Conclusion

Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) atterrissant ailes freinées et pattes tendues sur une souche vermoulue, fond vert
Jeune Martin-pêcheur d’Europe après une chasse réussie, sa proie un tout petit poisson : Sony A1 + 400 mm f/2.8 + TC1.4x – 560 mm – f/5 – 1/3200 – ISO 320

La photographie du Martin-pêcheur d’Europe exige patience et endurance pour obtenir « l’unique image » que l’on avait imaginée. Et lorsqu’on y parvient, le sentiment est indescriptible. Toute tentative ne mène pas immédiatement au succès, mais cela ne doit pas décourager. Chaque instant où l’on peut observer des animaux sauvages dans leur milieu naturel est un gain. Avec le temps, ce ne sont pas seulement la technique photographique qui s’améliore, mais aussi la compréhension de la nature et de ses habitants.

Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) s'envolant d'une branche moussue ailes déployées, tache de lumière dans un bois sombre
Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) en vol depuis la branche couverte de mousse, dans la chaude lumière du soleil : Sony A1 + 400 mm f/2.8 – 1/3200 – ISO 500

FAQ

1. Quand est-il préférable de photographier les martins-pêcheurs ?
Les meilleurs mois sont de juillet à septembre, en particulier août, quand les jeunes sont actifs et se trouvent encore dans le territoire des adultes.

2. De quel équipement ai-je besoin pour photographier le Martin-pêcheur d’Europe ?
Un appareil avec téléobjectif, d’au moins 400 mm, est recommandé. Filets de camouflage (selon la région et le degré de méfiance des oiseaux sur place), trépieds et patience – cette combinaison est la clé.

3. Où puis-je le mieux observer le Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) ?
À proximité des eaux, principalement le long des rivières et des lacs aux berges basses ou aux sections à courant lent.

4. Combien de temps dois-je attendre pour de bonnes prises de vue ?
L’endurance et la patience sont déterminantes – cela peut aller vite ou exiger des heures d’attente.

5. Quels sont les plus grands défis de la photographie du Martin-pêcheur d’Europe ?
Les conditions de lumière et la grande vivacité de l’oiseau rendent la photographie exigeante.